De quoi s'agit-il

Tout le monde en a — peu de gens en souffrent

Le frein labial est ce petit repli de muqueuse qui relie l'intérieur de la lèvre à la gencive, au milieu de l'arcade. Il en existe un en haut et un en bas, et leur présence est parfaitement normale. Ils ne deviennent un problème que lorsqu'ils sont trop épais, trop courts, ou qu'ils s'insèrent trop bas — c'est-à-dire trop près des dents.

Haut et bas

Deux freins, deux conséquences différentes

Frein supérieur

Il écarte les incisives

Lorsqu'il descend trop bas, entre les deux incisives centrales du haut, il entretient un espace entre elles — le diastème. Il peut aussi tirer sur la gencive lors des mouvements de la lèvre, gêner le brossage à cet endroit, ou déstabiliser le bord d'une prothèse amovible.

Frein inférieur

Il tire sur la gencive

Le frein de la lèvre inférieure s'insère parfois très près du collet des incisives du bas. À chaque mouvement de la lèvre, il exerce une traction sur une gencive déjà fine à cet endroit — ce qui, avec les années, favorise sa rétraction et le déchaussement des incisives.

Notre technique

La freinectomie au cabinet

Le geste consiste à libérer l'insertion du frein. Il se pratique sous anesthésie locale, et la muqueuse est refermée par quelques points de suture résorbables.

Comment se déroule l'intervention

  • Le geste dure quelques minutes, sous simple anesthésie locale par infiltration.
  • Le frein est sectionné puis désinséré, de façon à supprimer la traction qu'il exerçait sur la gencive.
  • La muqueuse est refermée par quelques points de suture résorbables : il n'y a pas de fils à faire retirer.
  • Les suites sont simples : peu ou pas de gonflement, gêne modérée les premiers jours.

Ce qu'il faut savoir

  • Un léger saignement est possible dans les heures qui suivent : mordre une compresse quelques minutes suffit à l'arrêter.
  • Une gêne à l'alimentation et au brossage de la zone est habituelle pendant quelques jours.
  • Le geste libère le frein : il ne referme pas à lui seul un diastème installé.
  • Une récidive est possible si l'intervention est réalisée trop tôt chez l'enfant.
Une salle de soins du cabinet, fauteuil et scialytique près de la fenêtre
Notre plateau technique Une salle de chirurgie dédiée, séparée des salles de soins, pour les interventions muqueuses et l'implantologie.
Vos questions

Questions fréquentes

Est-ce que l'espace entre mes incisives va se refermer tout seul ?

Non, et c'est le malentendu le plus fréquent. La freinectomie supprime la cause qui entretient l'écart et qui ferait récidiver toute correction — elle ne rapproche pas les dents.

Refermer un diastème installé demande un traitement orthodontique, par aligneurs par exemple, ou une restauration esthétique. La séquence habituelle est de fermer l'espace d'abord, puis de traiter le frein — sauf lorsque son volume empêche le rapprochement, auquel cas on intervient avant. Nous établissons l'ordre avec vous après examen.

Est-ce que ça fait mal ?

Pendant l'intervention, non : la zone est anesthésiée et le geste est bref. Ensuite, attendez-vous à une sensation de tiraillement et à une gêne au contact — comme un aphte — pendant quelques jours. Un antalgique simple suffit habituellement. Évitez les aliments acides, épicés ou très chauds le temps que la muqueuse se referme.

Combien de temps pour cicatriser ?

La muqueuse se referme en une à deux semaines, et les points de suture se résorbent seuls. Nous vous revoyons pour contrôler la cicatrisation, et nous vous montrons les mouvements d'étirement à faire chez vous — ils évitent que le frein ne se réinsère au même endroit.

À quel âge intervenir chez l'enfant ?

Rarement en urgence, et rarement tôt. Un diastème entre les incisives de lait ou en début de denture définitive est fréquent et se referme souvent seul à l'arrivée des canines : intervenir avant, c'est risquer une récidive pour rien.

La situation du nourrisson est différente : un frein trop court peut gêner l'allaitement, et se traite alors précocement.

Le sujet est développé sur notre page consacrée aux soins de l'enfant, avec le frein de langue.

Et si je porte une prothèse amovible ?

C'est une indication classique. Un frein volumineux vient buter contre le bord de la prothèse à chaque mouvement de la lèvre : il la décolle, provoque des blessures récidivantes au même endroit, et aucun ajustage ne règle durablement le problème. Libérer le frein permet au prothésiste de dessiner un bord correct, et la tenue s'en trouve nettement améliorée.

Un frein qui vous gêne ?

Un examen permet de dire si une intervention est justifiée, et à quel moment la programmer dans votre plan de traitement.